dimanche 8 août 2010

Citation d'après-midi #2

''Regardons en arrière, pour profiter de l'expérience de l'humanité ; mais ne nous retournons pas comme si la sagesse de nos ancêtres avait été telle qu'elle n'ait laissé aucune place à une amélioration future.''

-
William Godwin



samedi 7 août 2010

Citation d'après-midi #1


''Le plus grand intérêt des vivants étant de rester vivants, si la guerre ne mettait en oeuvre que des pulsions intéressées, elle aurait disparu depuis longtemps. La preuve en est que ce n'est jamais en faisant appel à la notion d'intérêt que l'on a amené les hommes à se battre, mais au contraire en leur faisant valoir qu'il y a des choses qui excédaient leurs intérêts et qui méritaient, par là même, qu'on accepte de mourir pour elles.''

-
Alain de Benoist

jeudi 5 août 2010

Bibliothèque.

J'ai visité dernièrement la Grande Bibliothèque, coin Berri et Maisonneuve à Montréal.

Un peu en retard, si vous voulez mon avis. Avoir su que l'endroit était aussi intéressant, j'y serais allé bien avant...


En dehors du fait que l'architecture de l'endroit est saisissant, que l'envie d'apporter son laptop pour y flâner une journée de temps est très forte et que le confort surpasse la plupart de nos salons, j'ai découvert une chose un peu consternante:

La collection d'enregistrements sonores.

De visu, j'ai compté environ 80,000 CDs. Apparement, il y en aurait 100,000. Wow. C'est deux fois la collection d'Edgar Fruitier, ça, non ? C'est plus fou que mon fantasme chez Claude ?

Ils ont de tout. J'ai vérifié. Du jazz, de la musique du monde, du newage, du hip hop, de la musique classique, des disques de Rock et Belles oreilles. TOUT.

J'avais la mâchoire à terre.

Et il semble qu'il soit possible d'apporter son discman et d'écouter tout ça. Puis, pour une écoute prolongée, il serait possible de louer jusqu'à 3 disques pour les apporter chez soi.

Question: c'est pas l'astuce idéale pour se monter une collection de la mort en numérisant tout ?

Je veux dire... Ça n'ouvre pas la porte grande ouverte à l'abus ?

Y a du stock RARE là bas... Pas sûr qu'une fois numérisé tu vas vouloir te casser la tête pour aller chercher et acheter l'album. Advenant que tu puisses le trouver...

Peu importe. C'est un endroit à visiter absolument. Ce n'est pas par hasard si c'est la bibliothèque la plus fréquentée de toute la francophonie...

Mot de la nuit #3

Certitude: n.f. Caractère de ce qui est certain, qui ne comporte pas de doute.

mardi 27 juillet 2010

Biosphere. Poa Alpina.

Un peu de musique ambiante introspective pour clore cette fascinante soirée de plongée en eaux profonde.

L'artiste Biosphere que j'ai déjà présenté ici, avec la pièce Poa Alpina de l'album Substrata.


Communication. Analyse #1

Bon, allez! Je vais me faire plaisir.
C'est mon blog après tout, non ? Préparez donc votre scaphandre, nous allons faire de la plongée en eaux profondes.

Je disais ici que je voulais parler des aspects psychologiques et philosophiques des films Inception et Shutter Island. Entre autres.
Je n'ai eu de temps que pour effleurer le sujet du contenu, sans remonter jusqu'à la source des choses; la Communication. Avec un grand ''C''.

Une citation frappante de Stanley Kubrick:

''
Il y a un thème dont je suis conscient et qui se retrouve dans tous mes films : l’échec de la communication.''

D'abord, avant de poursuivre, entendons-nous sur la signification du mot. Il serait drôlement ironique de discuter de ce sujet à partir d'un malentendu, n'est-ce pas ? hé! Vous là bas! Arrêtez de rire, c'est pas une foire, ici! Allez broutiller ailleurs, tiens...
Bon. Maintenant que nous sommes entre plongeurs certifiés, allons-y:

Communication: est l'action, le fait de communiquer, d'établir une relation avec autrui, de transmettre quelque chose à quelqu'un, l'ensemble des moyens et techniques permettant la diffusion d'un message auprès d'une audience plus ou moins vaste et hétérogène et l'action pour quelqu'un...Elle concerne aussi bien l'être humain (communication interpersonnelle, groupale...) que l'animal et la plante (communication intra- ou inter- espèces) ou la machine (télécommunications, nouvelles technologies...), ainsi que leurs hybrides : homme-animal; hommes- technologies... C'est en fait, une science partagée par plusieurs disciplines qui ne répond pas à une définition unique.

Vous pouvez vous amuser des heures durant à fouiller le sujet qui est d'une complexité intellectuelle inouïe.

Je préfère personnellement plonger encore plus profond, jusque dans les abysses. Heureusement les amis, j'ai pensé à vous faire un dessin. Vous savez la beauté de la chose ? Les trucs immensément complexes sont parfois d'une incroyable simplicité. Eh oui.

J'ai réussi à tout faire entrer dans un post-it.


Je sais que ''Secret de l'univers #1'' ca fait un peu pompeux. Mais le petit dessin sur un post-it devrait contre-balancer l'arrogance du titre. Astuce marketing. Que vous goberez sinon j'me fâche.

Trève de plaisanterie! C'est sérieux ce que je vais vous dire, c'est un secret de l'univers pour de vrai!

La partie ''A'' sur le schéma, c'est le message. C'est le contenu dans sa forme la plus pure. Un bébé a faim, son message c'est: ''je veux manger''. Pour quelqu'un en train de se noyer dans un lac, le message c'est ''aidez-moi!''.

La partie ''B'' sur le schéma, c'est le vecteur. Si le dessin à vaguement l'air d'un spaceship sur le bord d'un faire une invasion, c'est parce que c'est justement le cas! Le vecteur est le moyen de transport du message, du contenu. Son efficacité tient essentiellement du fait qu'il pourra délivrer le message au destinataire choisi par l'émetteur.
Le vecteur du message ''je veux manger'' ? Les cris, les pleurs.
Le vecteur du type en train de boire la tasse ? Des grands gestes, des cris.

La partie ''C'' sur le schéma, c'est le bouclier. Cette section est celle du récepteur potentiel de tous les messages envoyés. Et il y en a beaucoup. Le vecteur doit percer cette carapace pour livrer le message de l'autre côté. Plusieurs types de vecteurs pour différents types de boucliers. Le bouclier qui empêchera le bébé de transmettre son message ''j'ai faim'' peut aller du fait que le vecteur (cris, pleurs, ondes sonores) n'est pas assez puissant pour atteindre quelqu'un ayant la capacité de l'aider au fait que ses cris ou pleurs ne suscitent pas assez d'empathie chez le récepteur potentiel pour agir. Même chose pour le nageur maladroit.

La base est relativement simple à comprendre. Mais voyons maintenant où ce processus de communication peut échouer, en dehors du fait que le vecteur peut échouer:

Un vecteur B est en mesure de percer le bouclier C, mais le message A est trop dilué par le vecteur B pour être efficace à la livraison.

Exemple: pour bien percer les bouclier coriaces, un documentariste utilise les images-chocs et un build-up démagogue (vecteur) dans le but de bien implanter un message XYZ par un dynamitage émotif. Le vecteur fonctionne et le bouclier est percé, en partie. Malheureusement, le récepteur ne retient que l'impression émotive du vecteur et non le message dans sa forme dénudée.

L'émotion n'est jamais le message. Jamais. C'est toujours un vecteur. Et comme c'est un vecteur diablement efficace contre bien des boucliers, les boucliers se durcissent. Plus ils se font bombarder, plus ils développent des systèmes de défense anti-vecteur.

Le message dans sa forme la plus pure existe toujours dans le but de créer de l'action, du mouvement. Mouvement immuable au fonctionnement de tout ce qui existe. Indissociable du concept même d'évolution. Sans mouvement, tout fige. Tout s'arrête.

Un message sans vecteur efficace est un message condamné à mourir. Et à terme, son émetteur peut également mourir. De même qu'un récepteur sans bouclier efficace est condamné à mourir sous les bombardements incessant des vecteurs indésirables, provoquant tout plein de mouvements, d'actions, mettant en péril le récepteur.

Vous voyez l'aspect profondément combatif de la chose ? L'idée d'un l'affrontement perpétuel ?

La savoureuse citation suivante, tirée du film Shutter Island, exprime très bien le concept:


''We wage war, we burn sacrifices, we pillage and plunder and treat at the flesh of our brothers and why? Because God gave us violence to wage in his honor. ''

''There is no moral orders as pure as this storm. There's no moral order at all. There's just this: can my violence conquer yours? ''

''If I were to sink my teeth into your eye, right now, could you stop me before I blinded you?''

- Give it a try.

''That's the spirit.''


J'ai observé avec le temps que les individus fuyants la confrontation (sous toutes ses formes -micro/macro confrontations) sont des individus ayant peur du mouvement, de l'action. Et, ultimement, ils sont dans un mode défensif qui les exposes à une position de faiblesse. Je dis ''position de faiblesse'' de façon très générale, très vague, englobant des choses qui vont au delà de l'individu en tant que tel et même de l'espace-temporel qu'il habite.

Le danger avec le mode défensif c'est d'optimiser le bouclier pour certains types de vecteur au détriment (c'est toujours au détriment de) d'autres types de vecteurs, potentiellement intéressants pour le récepteur.
Le bouclier ne travaille pas toujours pour le récepteur, il fait sa job, point. Être émotivement insensible peut être utile dans certaines circonstances mais très dangereux dans d'autres. Ne pas écouter son conjoint parce que rien de ce qu'il dit n'a habituellement d'intérêt peut avoir des effets très pervers.

Visionner des centaines de films hollywoodiens peut former une carapace qui provoque un préjugé défavorable (et parfois irréversible) envers tout nouveau film venant des États-Unis, quel qu'il soit.

Le cynisme ambiant envers la politique, aidé par les médias de masse et le bouche à oreille, peut très sérieusement handicaper un système démocratique, provoquant une épidémie de couches d'écorces partout dans la population.

Le cercle vicieux, parce qu'il y en a un, c'est que plus l'écorce est coriace, plus le vecteur se doit d'être tenace... Et plus le message encapsulé dans le vecteur se fait brasser au point de risquer des dommages permanents.

L'accès à internet va techniquement accélérer le processus de communication à un niveau jamais connu dans l'histoire de l'humanité.

La désinformation (vecteur) frappe et frappera encore comme un marteau-piqueur, s'affûtant de jour en jour.
Les gens seront confrontés au fait que leur bouclier les protèges mais aussi les isoles dangereusement. Et le seul moyen d'éviter cela c'est d'accepter la confrontation, donc le mouvement.

Dans le film Inception, la désinformation atteint son apogée dans une superbe séquence qui démontre avec brutalité ce que j'explique ici:

Le personnage de Marion Cotillard croit se protéger de l'illusion en s'enfermant précisément dans une illusion. Croit-on, du moins. Le personnage de DiCaprio a provoqué cet état en utilisant un très puissant vecteur (modification de son point de repère réel) pour une cause qu'il croyait juste. L'effet fut de rendre le bouclier encore plus fort qu'une autre éventuelle attaque de vecteur, incluant ses propres pensées, sa propre logique. Ironie de la chose, le spectateur participe lui-même à cet état de doute, amplifiant l'effet global du film.

Dans le film Shutter Island, le personnage de DiCaprio s'enferme dans son bouclier, consciemment, pour éviter la souffrance d'un vecteur qu'il croit lui être fatal à terme.

Ces deux films sont des vecteurs efficaces, parce qu'ils provoquent des discussions, du mouvement. Le message est livré. L'interprétation du (des) messages n'importe aucunement. Seul le mouvement provoqué importe.

La communication c'est cet élément que rien ni personne ne peut arrêter. C'est le mouvement dans sa forme la plus pure.

L'affrontement entre un vecteur et un bouclier n'a pour but que de livrer un message, sans pollution extérieur.
Si, en cours de route, l'affrontement perd son but initial, au profit d'un affrontement accessoirisé, ça ne fera que comprimer un mouvement qui se déploiera, de toute manière, au détriment de l'émetteur et du récepteur.


P.S. Toute la vulgarisation, l'humour et le petit dessin inséré dans ce message est un vecteur destiné à percer des boucliers pour livrer ce message. CQFD. Je vous dis ça comme ça...


* Comme je semble être parti pour la gloire avec mes ''Analyses numérotées'' à propos de tout, j'inaugure d'un coup de clavier la catégorie qui s'impose.


AJOUT 22 août '10: ... suite #2 de l'analyse: Le Vecteur.

lundi 26 juillet 2010

Mot de la nuit #2

La catharsis ou katharsis (en grec κάθαρσις) signifie purification. La catharsis est l'épuration des passions par le moyen de la représentation dramatique.
.

Cinéma. Analyse #1

Je tenais à attendre avant d'écrire ce que je vais écrire.

Après ma brève critique sur le film Inception et celle sur Shutter Island, je voulais approfondir sur le sujet du cinéma en général. Sur son évolution. Sur son statut actuel. Sur son futur.

Mais je tenais à attendre les chiffres.

Ces chiffres du box-office qui confirment que Inception sera rentable, malgré un budget faramineux pour du cinéma d'auteur.
Je soulignais il y a moins d'un mois la difficulté du cinéaste à réaliser son art, en toute liberté, pour des raisons inhérentes au medium d'expression artistique qu'est le cinéma.

Le septième art est celui qui est le plus dépendant du facteur démocratique. Lorsque vous choisissez de payer pour un billet de cinéma ou pour un DVD, vous votez. Vous décidez de la direction future que prendra le cinéma. Des micro-ajustements, peut-être, mais qui ont le pouvoir de changer la donne à jamais. Des gens analysent vos votes et prennent des décisions sur ce que le public voudra voir.

Je pense que Christopher Nolan a amorcé le travail avec Batman Begins, puis avec Dark Knight et finalement ici avec Inception, sans le filet de sécurité d'un personnage de BD ni de la mort hyper médiatisée d'un jeune acteur.

Dark Knight est un film de superhéros intelligent qui a, à mon avis, été aux limites de l'environnement BD. Le monde de Batman ralentissait clairement le potentiel de l'ensemble.

Avec Inception, le champs était libre.

Les gens ont votés et votent encore: OUI.

Oui à quoi ? Oui aux films psychologiques. Oui à devoir réfléchir un peu plus. Oui au divertissement qui n'arrive pas tout cuit dans la bouche...

J'ai eu peur, bien honnêtement, en observant le succès monstre de Avatar. J'ai eu peur que les gens soient plus aveuglés devant le contenant que jamais auparavant. J'ai eu peur que la folle course aux effets spéciaux ne cesse jamais, au détriment du contenu. J'ai eu peur de devoir me taper tous les films à venir avec des putains de lunettes 3D...

Mais non.

Inception n'avait aucunement besoin de 3D. Pas même d'écran IMAX. Ni d'ailleurs des 10 ou 15 minutes de scènes d'action que je juge superficielles...

Ce qui m'amène à parler du format série télé.

C'est un terme qui m'agace, ''série télé''. Ça me semble péjoratif et réducteur.

À mon sens, une grande partie des séries télé (à ne pas confondre avec les Sitcom) fait partie à part entière du Cinéma. Rien ne nous permet d'exclure une série télé de la ''famille Cinéma'' pour des raisons de plate-forme de diffusion et de ''hachurage temporel''. Et non seulement c'est bel et bien du cinéma, mais nous assistons peut-être à un des changements les plus importants de l'évolution du 7ième art.
Je mentionnais plus haut la dépendance à l'acceptation du public, le côté fortement démocratique lié à la production cinématographique; un film DOIT générer des revenus parce que c'est la forme d'art la plus dispendieuse au monde: autant à produire qu'à diffuser. Ce qui place cette forme d'expression dans une situation de survie absolue que n'a pas à affronter les artistes peintre, les musiciens, les écrivains, etc...

Bref, l'aspect business doit impérativement être considéré. Internet a complètement changé la façon de voir et faire les choses et continuera en ce sens. Le piratage est une réalité, la mode du cinéma-maison aussi et la compétitivité dans le secteur divertissement en général est également quelque chose d'indéniable.

Je suis content.

Je suis content que le goulot d'étranglement ne soit pas l'acceptation du public. Je suis content de voir que les gens peuvent voter ''oui'' pour un film bien fait, intelligent, de qualité et qui est divertissant. Je suis également heureux de voir que le talent des scénaristes, acteurs et réalisateurs n'est pas disparu, qu'il a peut-être simplement dérivé vers le format série télé...
Je pense que les gens se rendent tranquillement compte de l'impossibilité absolue de compresser, en 120 petites minutes, 1500 minutes d'évolution dramatique, de personnages, de trame narrative, d'atmosphère.
Les limitations sont également très présentes au niveau spectateur; qui fini par complètement saturer après un visionnement continu de plus de 2 ou 3 heures, mais qui semble avoir une capacité infinie à suivre une très longue histoire déployée par étapes, sur des centaines d'heures...
Le cinéma conventionnel apprend et s'adapte, d'ailleurs. Comme en fait foi la recrudescence des ''sequels'', ''prequels'' et ''spin-offs''...

Je suis content d'avoir eu la confirmation au visionnement de Inception que le format ''long-métrage'' est possiblement arrivé à ses limites techniques, après plus d'un siècle de bons et loyaux services.

samedi 24 juillet 2010

inception.



Je voulais discuter en profondeur de ce film, l'analyser à mort, le disséquer et l'étendre sur une corde à linge pour mieux visualiser ce qu'il implique. Au delà du cinéma comme tel. À un niveau philosophique et psychologique.

Mais j'ai pas le temps.

Je me connais, je vais passer 3 heures là dessus, avoir mal dans le cou et les doigts.

Je vais le faire, un jour, peut-être très bientôt, mais pas là.

Là, je vais parler du film. En parler superficiellement, cinématographiquement. Un p'tit quick review avant que les premières impressions ne s'estompent...


Bon, je commence avec le pot*:

Chris Nolan a baissé dans mon estime.

Le gars peut transmettre un style, une atmosphère, une signature spéciale à ses films. Mais il n'est pas un grand réalisateur. Du moins, pas encore.

J'ai le réflexe (à tort ou à raison) de comparer Inception avec Shutter Island. Vous devinerez pourquoi lorsque vous aurez visionné les deux.

Scorcese à fait une grande job de réalisation avec Shutter Island.

Nolan s'est enfargé à la réalisation de Inception. Il a voulu condenser une série télé dans un seul film. Il a tweaké un scénario de la mort. Il a négligé la façon de faire passer la pilule au profit de la pilule. Et, ô surprise, d'habitude je chiâle précisément du contraire...

Bref, c'est vraiment du cinéma d'auteur, ce inception. Avec tout ce que ça implique.

Vous savez tout le beding-bedang de scènes d'action qu'il y a dans ce film ? J'ai pris ça comme du filler. Ce truc que l'on met pour remplir l'espace. Comme si Nolan voulait à tout prix rendre un film psychologique intéressant en le bourrant d'action à ras bord. Mais calculé...Tout tellement calculé...

Je comprend la stratégie, remarquez bien. Oh oui, que je la comprend! Je comprend parfaitement bien le concept des compromis. Je comprend que le gars flirtait avec les limites de pas mal de choses... Et il s'en ai tiré étonnamment bien dans les circonstances.

Mais ça n'excuse pas la réalisation. Ça n'excuse pas le manque de détail au niveau esthétique, la photographie terne, la direction d'acteur un peu ordinaire, le manque d'air, le manque d'espace dans le rythme...

Suis-je sévère ? Sûrement.

Don't get me wrong: j'ai aimé le film. Je n'ai pas perdu mon temps en allant le voir. Ni mon 17,50$ -merci IMAX-.

Mais j'aurais aimé l'aimer encore plus.

Là j'ai l'impression que Nolan était tellement heureux de pouvoir réaliser ce film qu'il a oublié d'avoir des yeux tout le tour de la tête. Pour être certain que la vue d'ensemble ne lui échappe pas.

Pour être certain de crisser une taloche à Avatar sur son propre territoire.


*les fleurs vont venir lorsque je vais explorer le côté philosophique et psychologique du film. Eh oui, faudra patienter.


Ajout 15 août:

Je comprend que ces liens proposés pourraient vous sembler loin d'une analyse du film inception, mais ça ne l'est pas vraiment. Prenez tout d'abord le temps de lire ce billet, écrit tout juste avant que je visionne les films Inception et Shutter Island:

http://gliese1214b.blogspot.com/2010/06/la-beaute-du-contenu.html


Puis, un billet sur mon visionnement de Shutter Island:

http://gliese1214b.blogspot.com/2010/06/try-me-thats-spirit.html


Ma première analyse-cinéma, ici:

http://gliese1214b.blogspot.com/2010/07/cinema-analyse-1.html


Et pour terminer, ce billet:

http://gliese1214b.blogspot.com/2010/07/communication-analyse-1.html

...auquel je vais très prochainement donner suite, avec plusieurs références cinéma.



Si vous désirez éviter le côté philosophique pour le moment, je vous invite à lire cet excellent billet de Jozef Siroka qui parle d'un guide audio-visuel pour mieux comprendre le film. Certains détails sont absolument saisissants.

Blogue. Analyse #8

Bon d'accord, j'avoue.

Il y a un côté thérapie drôlement envahissant avec cette histoire de blogue. Faut dire, tout de même, que je cherche le trouble avec mes analyses...

C'est la huitième, d'analyse. Déjà.

Pis ça va être une émotive celle là, j'le sens.

Pourquoi émotive ? Pourquoi pas. Après tout, c'est un journal intime ici. C'est soit le problème ou soit la beauté de la chose. Je sais pas.

Je ne suis même pas foutu de répondre à une question simple. Je ne suis même pas capable de me répondre à moi-même, de façon honnête, à la question suivante:

Qu'est-ce que je veux réellement ?

Beaucoup de visites ?
Beaucoup de commentaires ?
Est-ce que je m'en fou d'écrire tout seul ?
Est-ce que j'écrirais tout ça si ce n'était pas online, à la vue de tous ?
Est-ce que ça me rend triste d'avoir l'impression de n'intéresser personne ?
Est-ce que c'est vrai que je n'intéresse personne ?
Tu m'aimes, maman ?


Pffftt... Voyez ? Full émotif. Ch'pourrais brailler, tiens. Pis ça ne ferait pas un pli à personne. Comme Sylvain dit, un blogue c'est comme ouvrir la porte de la maison, crier quelque chose, puis refermer tout de suite la porte.

Sauf que là, en plus, ma maison est pognée toute seule sur une exoplanète. Pis j'ai pas envie une miette de déménager dans un coin plus populaire. J'ai pas envie de traiter de sujets qui pourraient attirer les touristes. M'en fou.

Je m'en fou pour vrai ? ohhff. Compliqué.

Reste que je dois savoir.

Quel scénario serait le pire ? Baigner inexorablement dans l'isolation virtuelle .... ou .... Avoir une douzaine, une centaine, un millier de lecteurs assidus ?

Est-ce que l'isolation me donne une liberté que je perdrais avec un public ?
Serais-je prit d'une soudaine pression de performance ?
Est-ce que le temps investi dans ce blogue empoisonnerait ma vie ?

Tiens, encore pire:

Qu'est-ce que j'essai de faire, au juste, avec ce blogue ?

Ouaip. Une thérapie que j'vous disais. Une putain de self-service thérapie....

jeudi 22 juillet 2010

Mot de la nuit.


Entropie
:
n.f. En thermodynamique, grandeur qui mesure la dégradation de l'énergie d'un système.
L'entropie mesure le degré de désordre d'un système par rapport à son état initial probable.
En communication, mesure de l'incertitude quant à la nature d'un message.
.

mercredi 21 juillet 2010

Facebook.

Ne reculant devant rien, je suis en train de rattraper 5 ans de vie sociale web en un seul mois. Ce qui équivaut probablement à 30 ans de vie sociale réelle au 20ième siècle...

Yep. Après le blogue, qui franchit allègrement le 1 mois d'existence, je me suis décidé à explorer Twitter et Facebook (je parlerais de Twitter un peu plus tard).

Donc, le truc qui captive 500 millions de personnes et qui fera l'objet d'un film prochainement sur nos écrans, c'est comment... ?

C'est bien fait.

Interface simple et efficace. Combinant espace personnel, chat, messagerie privée, liste de contacts et babillard style blogue.

Une ou deux journées d'utilisation suffit à nous convaincre du concept.

Par contre, ce que je ne suis pas certain de comprendre encore, c'est ce que les gens décide d'en faire.

De ce que je comprend jusqu'à présent, il y a essentiellement deux stratégies possibles:

1. Tu bâtis un cercle d'amis proches (famille, real-life friends, etc..) et tu fermes virtuellement la porte aux intrus.

2. Tu ouvres la porte à virtuellement n'importe qui, pour avoir 500, 3000 ou 10 millions d'amis.

Je ne vois pas ''d'entre-deux'' là dedans. C'est soit un ou l'autre.


Ce qui m'amène à poser la question suivante: c'est quoi un ami ?

Il y a plusieurs niveaux de relations: famille proche, amis proches, amis occasionnels, amis des amis, connaissances, etc...

Lorsqu'il y a un but commercial, je comprend parfaitement l'idée de chercher des millions ''d'amis'' Facebook, mais pour une personne sans but commercial d'aucune sorte ?

C'est quoi, un ego trip ?

Comment même vous auriez 1000 ''véritables amis'', comment est-ce possible d'entretenir ces relations de façon satisfaisante ?

samedi 17 juillet 2010

La critique. Analyse #1.

Je fréquente deux blogs de façon régulière, depuis assez longtemps aussi. En tout cas, assez longtemps pour dire que c'est là que j'ai appris à haïr la structure blog. Non pas leurs blogs à eux, mais la structure...

Bref, c'est deux blogueurs très respectables; nuancés, professionnels et... critique.

Alain Brunet fait dans la musique.
Jozef Siroka fait dans le cinéma.

Vous comprenez mon intérêt ? Je me passionne pour les deux sujets. Beaucoup moins distants que l'on pourrait croire, d'ailleurs... Mais revenons à nos blogueurs:

Ces deux blogueurs attirent des lecteurs-participants de qualité. Je dis ''de qualité'' dans le sens que les interventions sont parfois si pertinentes qu'elles pourraient accidentellement mettre de l'ombre sur le billet lui-même. À mon avis c'est le signe d'un blog qui est en superbe santé et d'un niveau de communication élevé qui rend l'exercice stimulant pour tous.

Par contre, parfois ça peut chauffer. C'est là, d'ailleurs, que l'on voit clairement les limites du format blog.

En effet, ces blogueurs ont un métier. Ils sont rémunérés pour apporter du contenu (de qualité) dont une part de critique. Il y a donc une différence majeure entre faire part de commentaires pertinents (même si de contraire opinion) et mettre en doute la nécessité d'un métier.

Le métier de critique, dans le cas qui nous occupe.

Devant la toute-puissance d'internet et du niveau hallucinant de données à digérer, forcément le contenu est dilué. Et la qualité remonte un peu plus difficilement à la surface.
D'où les commentaires de plus en plus fréquents (ou à tout de moins plus médiatisés grâce au web) mettant en doute la valeur d'une critique. Donc la valeur du métier de critique.

Voici ce qu'est La Critique.

Ou, plus brièvement:

''Le terme critique dérive du terme grec kritikē (κριτική), signifiant « (l'art de) discerner », c'est-à-dire le fait de discerner la valeur des personnes ou des choses.''


Voici maintenant la définition de L'opinion:

''Une opinion est un ensemble d'idées que l'on se fait à propos d'un objet en même temps que l'on exerce sur lui un jugement par la pensée.''


Vous voyez où je veux en venir ?

Pour se forger une opinion, il faut faire preuve de sens critique. Le fait de critiquer quelque chose (en discerner la valeur) ne garanti en aucun cas que la valeur jugée va être acceptée, prise en considération ou fixée dans le temps ou dans l'espace. C'est complètement dépendant des individus exposés s'ils acceptent, ou non, d'accorder de la crédibilité à la valeur jugée par ce processus critique.

Donc, eh oui, la critique est dépendante elle-même de la critique.

Paradoxal ? Pas vraiment.

Puisque tout tourne alentour d'une valeur accordée, c'est donc d'une transaction qu'il s'agit.
Oh attention, par transaction j'entends: ''une interaction qui fait passer un élément X d'un état A à un état B à la suite d'une ou plusieurs opérations provoquées par un élément Y''. Désolé, pas de lien pour celle là, je viens de la pondre.

En d'autres termes: la critique a pour but ultime de faire changer quelque chose. D'influencer, de porter à l'action, au mouvement.

Une critique qui n'atteint personne (nul part, ni dans le temps ni dans l'espace) est une critique qui n'a aucune valeur.

À l'inverse, une critique qui porte au mouvement (à la discussion, à l'achat, à la découverte, à la réflexion de, etc..) est une critique qui a de la valeur pour autrui. À noter que le terme ''valeur'' est neutre ici. Ni positif ni négatif, ni grand ni petit. L'indifférence étant la réelle valeur ''zéro''.

Donc, la critique est une mesure continuelle de valeur et entièrement bidirectionnelle; ''je mesure et t'accorde de la valeur parce que j'aime ta façon de mesurer la valeur''.

Celui qui l'émet peut décider de n'accorder aucune valeur à ceux qui critiquent sa propre critique, donc sa valeur n'est pas dégradée de son propre point de vue.

À l'inverse, l'émetteur peut baigner dans l'insatisfaction la plus complète si un million d'individus accordent de la valeur à sa critique sans que le critique accorde de la valeur à la capacité critique de ce million d'individus.
http://www.wikio.fr